Trouble-Fête Éditions

Les Peaux Transparentes - Marc Dufaud

Passager des années 90, Marc Dufaud y prend part à sa façon en réalisant des films (court et long métrages), et en collaborant avec la presse underground , avant de lâcher prise.

15 euros au lieu de 19 !

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15,00 € TTC


On perd ensuite sa trace. On le retrouve en 1998 au sein d'un combo poétik- rock confidentiel, Luze. À la même époque, il remanie un ancien manuscrit : Les Peaux Transparentes. Il faudra 6 ans à son auteur pour le terminer. Jack Kérouac déclarait deux choses à propos du métier d'écrivain, primo, chacune de nos vies est assez riche et originale pour se dispenser d'inventer. Secundo, pour avoir le droit d'écrire, il faut en avoir la nécessité.

Les Peaux Transparentes est ce genre de livre. Définitivement ! Les Peaux Transparentes ce sont celles que transpercent les aiguilles des shooteuses, la peau des addicts, des camés à l'héroïne qui peuplent ce roman. Sur fond d'années 90 parisiennes, de rock n' roll et de monde interlope, le roman trace un portrait sans concession d'une génération décimée par le sida et la came. Et ce n'est pas pour rien que Daniel Darc, ex Taxi girl, le dernier des poètes punk, a accepté d'en rédiger la préface.

“La drogue est une ascèse morale… Certains êtres ne peuvent survivre qu'en se détruisant eux-mêmes” (R-G Lecomte). Les Peaux Transparentes parlent de ces êtres-là. A travers le parcours de Thomas, s'intoxiquant à tour de bras, avant de décrocher (sous programme de substitution), on entre dans le quotidien de la came, avec ses spectres et ses dealers, avec son lot de misère, d'attentes, de manque et de moments forts. Avec son tribut de morts aussi, physiques et mentales. Mais le roman est plus qu'un simple et strict état des lieux naturaliste. Au-delà d'un constat lucide et sans concession, l'écriture, ou plus exactement la collusion des écritures (plus que le style) pousse ce livre dans des directions innatendues. Métaphysiques et spirituelles. Une écriture tour à tour ample ou sèche, poétique, urbaine ou politique, souvent drôle et corrosive, sans être cynique, détachée sans être distante…

Car, pour l'auteur, l'écriture engage le corps et l'âme. Comme la came. Le verbe ne se contente pas ici de décrire, il fouille le corps, arrache l'âme à ses fracas, la conscience à ses points limites. Plonger à l'intérieur du corps et de l'addiction, c'est plonger à l'intérieur d'un questionnement essentiel, dont la came est un symptôme. L'antidote et le poison. Les Peaux Transparentes est un roman à part. Inclassable. Entre William Burroughs et Roger-Gilbert Lecomte. Entre un morceaux de rock et une complainte de Satie. Un premier vrai roman.

  • Nb de pages :: 368
  • ISBN :: 2-914253-02-8

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